Les apparitions

P. 26 et 27

           Vers fin Juin 1808, un évènement tourna à la légende.

                 Trois petites filles gardaient leurs troupeaux et étudiaient leur catéchisme en vue de la première communion qui devait avoir lieu prochainement dans la paroisse de Beaubery.

                Une femme passa près des enfants et leur dit : « Mes enfants, étudiez bien votre catéchisme, si vous l’étudiez de la sorte pendant trois jours, vous serez certainement admises à la première communion ». Cette femme disparut. Ces trois enfants s’imaginèrent avoir vu la Ste Vierge et ne voulurent pas quitter les lieux. Leurs parents ne les voyant pas rentrer le soir, vinrent les chercher. Les enfants racontèrent leur aventure, les parents crédules eurent une foi entière dans ce récit.

                De petites tentes de bruyères et de genêts furent rapidement élevées tout prés des rochers légendaires. Le lendemain tout le pays accourait sur les lieux de la prétendue apparition « Fama crescit mundo ». Le surlendemain, une foule innombrable était là, anxieuse. On venait du Forez, de la Loire, du Mâconnais, de partout. Jamais chose pareille ne s’était vue.

                Les autorités s’émurent de ces attroupements qui dégénéraient en désordre et devenaient une charge pour la contrée. Les petites filles furent conduites chez Mr Bonin maire du pays, et défense leur fut faite de passer la nuit dans les cabanes qu’on leur avait construites. La maison de Mr Bonin faillit être brulée. Cependant, la foule grossissante stationnait toujours près des rochers d’Artus. On y passait le jour et la nuit, il fallut appeler la force armée pour disperser la foule crédule.

                 Enfin les lieux redevinrent solitaires. Les saintes d’Artus retournèrent à leurs travaux.